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Enquête : l’Assemblée nationale du Burundi au cœur d’allégations de népotisme et de mauvaise gouvernance

L’Assemblée nationale est-elle en train de devenir une affaire de famille ? Comment expliquer que le fils du président de l’Assemblée nationale soit chargé de l’intendance ? Pourquoi Daniel Gélase Ndabirabe aurait-il doublé le budget de l’intendance avant d’y affecter son propre fils ? Comment cette institution est-elle aujourd’hui administrée ? Quel avenir se dessine pour la première institution législative du pays ?

Ce sont les principales interrogations auxquelles l’Organisation King Umurundi Freedom entend répondre à travers une série d’enquêtes consacrées au fonctionnement de l’Assemblée nationale et à sa gouvernance. Les informations recueillies au cours de nos investigations font état de pratiques qui, selon notre analyse, soulèvent de sérieuses préoccupations au regard des principes de transparence, de bonne gouvernance et du respect des règles administratives.

Le premier volet de cette enquête, publié ce 30 juin 2026, porte sur une nomination qui suscite de nombreuses interrogations. Selon les informations recueillies par notre organisation, le président de l’Assemblée nationale, Daniel Gélase Ndabirabe, aurait fait recruter son propre fils, Hangama God-Aël Jemy, encore élève et mineur, comme agent de l’Assemblée nationale en lui confiant les fonctions de responsable de l’intendance. Ces faits constitueraient une situation préoccupante au regard des principes de neutralité, de mérite et de transparence qui devraient régir les institutions publiques.

Le jeune concerné s’appelle HANGAMA God-Aël Jemy. Il est actuellement élève au Lycée SOS de Bujumbura, où il poursuit sa deuxième année de l’enseignement post-fondamental, en section Economie.

 Les responsabilités du service de l’intendance

Au sein de l’Assemblée nationale, le responsable de l’intendance exerce des fonctions particulièrement sensibles. Il est chargé de préparer les dépenses liées au fonctionnement du cabinet du président de l’institution et d’assurer le suivi administratif des fonds affectés à cette mission.

Les dépenses préparées par le service de l’intendance sont ensuite transmises au Secrétaire général avant d’être soumises à la Direction administrative et financière (DAF), chargée de leur exécution conformément aux procédures administratives.

En principe, cette fonction est exercée par un agent permanent de l’administration, appelé à travailler quotidiennement aux côtés du président de l’Assemblée nationale et à l’accompagner lors de ses déplacements officiels. Or, selon nos informations, la personne actuellement désignée pour occuper cette responsabilité poursuivrait encore ses études secondaires.

Un budget d’intendance doublé

Nos investigations indiquent qu’au cours de l’exercice précédent, le budget annuel consacré à l’intendance du président de l’Assemblée nationale s’élevait à 180 millions de francs burundais, soit environ 500 000 francs burundais par jour.

Toujours selon les informations recueillies, cette enveloppe budgétaire aurait récemment été portée à 360 millions de francs burundais par an, soit près d’un million de francs burundais par jour, représentant ainsi un doublement des crédits alloués.

Parallèlement à cette augmentation budgétaire, l’ancien responsable de l’intendance aurait été remplacé par le fils du président de l’Assemblée nationale. Plusieurs sources internes affirment que cette décision aurait provoqué un profond malaise parmi certains députés, qui n’auraient toutefois pas exprimé publiquement leurs réserves.

Selon ces mêmes sources, cette nomination aurait eu pour objectif de faciliter la gestion des importantes sommes destinées à l’intendance. Elles rappellent également que ces crédits ne sont pas obligatoirement exécutés dans leur totalité au cours d’un exercice budgétaire.

Nos investigations soulèvent également une autre question : jusqu’à présent, aucun acte officiel de nomination n’aurait été rendu public pour attester de la désignation de Hangama God-Aël Jemy à ces fonctions, ce qui alimente les interrogations sur la régularité de cette nomination.

Au regard de ces éléments, notre organisation estime que les pratiques dénoncées sont incompatibles avec les exigences de bonne gouvernance, de transparence et d’égalité d’accès aux emplois publics. Elle appelle les autorités compétentes à faire toute la lumière sur ces allégations et à garantir le respect des règles qui encadrent le fonctionnement des institutions de la République.

Cette publication constitue le premier volet d’une série d’enquêtes consacrées à la gouvernance de l’Assemblée nationale. Les prochaines révélations porteront notamment sur l’organisation interne de l’institution et sur d’autres pratiques que notre organisation considère comme préoccupantes.

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