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Les menaces contre les détenus se poursuivent. Le « général » des prisonniers intensifie les intimidations.

Pourquoi le silence du directeur de la prison ?

Les autorités compétentes sont appelées à intervenir d’urgence afin d’assurer la protection des détenus de la prison de Ruyigi, dans la province de Buhumuza.

Les proches des détenus de cet établissement continuent de lancer des appels au secours. Ils affirment que le chef des prisonniers, communément appelé le « général », SEBUSHAHU Augustin, poursuit les actes de maltraitance à leur encontre. Selon les témoignages recueillis, depuis la publication de nos précédentes alertes dénonçant ces abus, il aurait réduit les passages à tabac. Toutefois, il soupçonne désormais les détenus d’être à l’origine des fuites d’informations et multiplie les menaces, y compris des propos laissant craindre des exécutions extrajudiciaires. C’est dans ce contexte que les appels à leur protection se poursuivent.

Par ailleurs, plusieurs détenus seraient contraints de passer la nuit à l’extérieur des cellules sur ordre de ce responsable.

Premier témoignage reçu d’un proche des détenus

« Nous vous remercions d’avoir relayé la situation des détenus de la prison de Ruyigi. Cependant, nous vous demandons de poursuivre vos interventions. Aujourd’hui, Augustin menace de tuer tout détenu qui serait trouvé en possession d’un numéro de téléphone de l’extérieur du pays. Nous ne comprenons pas pourquoi le directeur de la prison de Ruyigi refuse toujours de le relever de ses responsabilités.

Depuis la diffusion de votre précédente alerte, SEBUSHAHU a diminué les violences physiques contre les détenus, mais il oblige désormais certains d’entre eux à passer la nuit à l’extérieur, dans la cour, en leur versant de l’eau dessus. Imaginez un homme de plus de 50 ans dormant dans le froid, parmi des détenus souffrant notamment d’asthme.

Si un détenu venait à mourir dans ces conditions, le directeur de la prison de Ruyigi pourrait-il prétendre n’avoir été informé de rien ? Aujourd’hui, SEBUSHAHU déclare : « Ces Tutsi qui transmettent des informations, celui qui sera identifié sera enterré. » Les détenus demandent donc avec insistance qu’il soit écarté avant qu’un drame ne survienne, car ils vivent dans une angoisse permanente. »

Deuxième témoignage reçu

« Bonjour. Malgré vos alertes concernant la situation des détenus, très peu de choses ont changé. SEBUSHAHU a pris peur et ne frappe plus ouvertement les prisonniers, mais il continue d’en faire dormir certains à l’extérieur et multiplie les menaces. Il affirme que tout détenu identifié comme ayant transmis des informations à l’extérieur sera exécuté et enterré. Nous vous demandons de continuer à défendre les détenus de cette prison, car ils vivent des souffrances insupportables. »

Dans l’ensemble, les proches de ces détenus se disent profondément préoccupés par le silence du directeur de la prison, EMERUSABE Eric, face à une situation qu’ils jugent particulièrement grave.

Ils demandent instamment aux autorités supérieures de prendre des mesures immédiates afin de garantir la sécurité des détenus, notamment en relevant SEBUSHAHU Augustin de ses fonctions, estimant que son maintien à ce poste fait peser un risque sérieux sur leur vie et leur intégrité physique.

Les personnes à l’origine de cet appel rappellent également que le « général », SEBUSHAHU Augustin, aurait déjà été condamné pour le meurtre de son ex-épouse ainsi que d’un citoyen atteint d’albinisme, comme cela avait été rapporté dans une précédente publication. Elles estiment que ces antécédents renforcent les inquiétudes exprimées quant à la sécurité des détenus placés sous son autorité.

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