Force des Imbonerakure ou faiblesse du pouvoir ?
« Qui détient réellement l’autorité : le chef de zone ou le gouverneur provincial ? » C’est la question que se posent de nombreux habitants après avoir constaté qu’une décision officielle du gouverneur demeure, jusqu’à présent, sans effet.
Il s’agit de NIYONGABO Dieudonnée, ancien chef de la zone Rugabano, dans la commune de Muyinga, province de Buhumuza. Selon plusieurs sources, il est également reconnu comme un membre influent des Imbonerakure.
D’après une lettre officielle datée du 23 juin 2026 et signée par la gouverneure de la province, Denise Ndaruhekere, l’intéressé a été relevé de ses fonctions. Le document ne précise toutefois pas les motifs de cette décision, se limitant à indiquer qu’elle fait suite aux conclusions d’une réunion du conseil communal tenue le 21 juin 2026.
Selon les informations recueillies par l’organisation King Umurundi Freedom, cette révocation serait liée à plusieurs accusations de mauvaise gestion et d’abus de pouvoir. Il lui est notamment reproché :
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d’avoir imposé des amendes illégales à des citoyens sans délivrer de reçus, tout en détournant les sommes perçues ;
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d’avoir procédé à la vente présumée de terrains appartenant à l’État au profit de particuliers en échange de paiements ;
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d’avoir exigé des responsables des collines que les habitants lui offrent, lors de chacune de ses visites, au minimum deux chèvres et des poulets, une pratique qui aurait suscité un profond mécontentement au sein de la population.
À la suite de ces faits, le conseil communal a décidé de le révoquer lors de sa réunion du 21 juin 2026. Cette décision a ensuite été officiellement entérinée le 23 juin 2026 par la gouverneure provinciale.
Un refus d’obtempérer
Malgré cette révocation officielle, NIYONGABO Dieudonnée aurait refusé de quitter son poste. Selon plusieurs témoignages, il affirme qu’aucune autre personne ne prendra la direction de la zone.
Des propos qui lui sont attribués circulent parmi la population :
« Je suis un véritable Imbonerakure. Qui donc peut prétendre me révoquer ? »
A ce jour, il continuerait d’occuper ses fonctions, empêchant la personne désignée pour lui succéder d’exercer ses responsabilités.
Cette situation crée une vive inquiétude parmi les habitants de la zone Rugabano, qui se retrouvent sans autorité administrative clairement reconnue vers laquelle se tourner. Beaucoup s’interrogent désormais sur la portée réelle des décisions prises par les autorités provinciales et se demandent comment un chef de zone officiellement révoqué peut continuer à exercer ses fonctions sans qu’aucune mesure ne soit prise pour faire appliquer la décision du gouverneur.
Face à cette impasse, les habitants demandent que la décision officielle soit effectivement exécutée afin que la zone puisse retrouver une administration fonctionnelle.