Une coalition de 26 organisations nationales et internationales de défense des droits humains, dans une déclaration datée du 23 avril 2026, alerte sur les conséquences alarmantes de la fermeture imminente du camp de Nduta en Tanzanie, qui expose des milliers de réfugiés burundais à des rapatriements forcés, en violation du principe fondamental de non-refoulement.
Des transferts opaques et des pratiques coercitives
Ces derniers jours, près de 198 familles ont été transférées du camp de Nduta vers celui de Nyarugusu, à l’issue d’un processus opaque mené conjointement par les autorités tanzaniennes et le HCR.
Présentés comme une mesure visant à assurer la protection des réfugiés, ces transferts soulèvent de graves préoccupations, notamment en raison d’allégations de corruption, de manipulation des listes et de l’infiltration d’individus liés au pouvoir burundais.
Parallèlement, des témoignages crédibles font état de pressions et de contraintes exercées sur les réfugiés afin de les forcer à accepter leur retour. Certains auraient été contraints de fournir leurs empreintes digitales sous menace, avant d’être enregistrés comme « rapatriés volontaires ».
Une escalade des violences et des violations
Le 19 avril 2026, des miliciens armés ont attaqué des réfugiés dans le camp de Nduta, faisant plusieurs blessés. Ces violences s’inscrivent dans un schéma plus large de violations graves, incluant des enlèvements, des disparitions forcées, ainsi que des actes de torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Depuis l’annonce de la fermeture du camp en décembre 2025, les mesures coercitives se sont intensifiées : restriction de l’aide alimentaire, retrait des documents de réfugié, limitation de la liberté de circulation et criminalisation de certains déplacements.
Des risques graves en cas de retour au Burundi
Les organisations signataires rappellent que de nombreux réfugiés burundais sont exposés, à leur retour, à des risques élevés de persécutions, d’arrestations arbitraires et de violences, notamment de la part de groupes affiliés au pouvoir.
Dans le contexte préélectoral actuel, ces rapatriements forcés risquent de transformer des personnes bénéficiant d’une protection internationale en cibles politiques, aggravant une situation déjà préoccupante.
Un rôle préoccupant du HCR et le silence international
Malgré les alertes et la reconnaissance de certaines dérives, les mesures concrètes demeurent insuffisantes pour assurer une protection effective des réfugiés.
Le silence persistant de la communauté internationale face à ces violations constitue un précédent dangereux pour le respect du droit international des réfugiés.
Appel urgent
Les organisations signataires appellent :
Les autorités tanzaniennes à mettre fin immédiatement aux rapatriements forcés et à garantir la protection des réfugiés sur leur territoire ;
Le HCR à renforcer ses mécanismes de protection et à veiller au respect strict du principe de non-refoulement ;
La communauté internationale à se mobiliser de toute urgence afin de prévenir une crise humanitaire majeure et de condamner ces pratiques.
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