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Quatrième partie—Poursuite de l’enquête sur les soupçons de manipulation des marchés publics autour du projet SIGEFP financé par la Banque mondiale

Nouvelles interrogations sur le rôle d’Odely NDIHO et les incohérences relevées dans la préparation du projet SIGEFP

Dans cette qatrième partie de notre enquête, l’organisation poursuit l’analyse des mécanismes qui, selon les informations recueillies, auraient été mis en place afin de favoriser l’attribution du marché du système SIGEFP (Système Intégré de Gestion des Finances Publiques) à la société MEDIABOX.

Les investigations portent notamment sur le rôle joué par certains responsables impliqués dans la gouvernance du projet ainsi que sur plusieurs anomalies observées dans la préparation technique et administrative du marché.

Des interrogations persistantes autour de la situation de Mme Odelie NDIHO

Dans les précédentes parties de cette enquête, l’organisation avait indiqué que Mme Ir Odelie NDIHO, ancienne collaboratrice de MEDIABOX, avait été nommée Directrice générale chargée de l’économie numérique au ministère des Finances publiques le 11 novembre 2025.

Selon les éléments recueillis récemment, Mme Odelie NDIHO continuerait toutefois à fréquenter régulièrement les locaux de MEDIABOX tout en exerçant simultanément ses fonctions au sein du ministère.

Cette situation suscite aujourd’hui de nombreuses interrogations quant à la nature exacte des relations qu’elle entretient avec son ancien employeur.

Plusieurs observateurs s’interrogent notamment sur l’existence éventuelle de situations pouvant être perçues comme des risques de conflits d’intérêts, dans un contexte où MEDIABOX demeure candidate à un marché public stratégique financé par des partenaires internationaux.

L’organisation estime que ces éléments mériteraient d’être clarifiés afin de garantir la transparence du processus de passation des marchés publics et de préserver la crédibilité des institutions concernées.

Deux groupes de travail pour un même projet : une situation inhabituelle

L’enquête met également en lumière une autre situation jugée préoccupante dans la préparation du projet SIGEFP.

Selon des documents consultés par l’organisation, un premier groupe de travail composé de 24 personnes aurait été constitué en octobre 2025 afin de préparer le DAO (Dossier d’Appel d’Offres) relatif au futur logiciel.

Nomination du premier groupe chargé de préparer le DAO

Toutefois, il serait apparu par la suite que ce groupe n’avait pas travaillé sur un élément pourtant fondamental dans tout projet informatique d’envergure : les spécifications fonctionnelles et techniques du système.

Un second groupe de travail aurait alors été constitué afin d’élaborer ces spécifications.

Cette situation conduit aujourd’hui à l’existence de deux équipes distinctes :

  • une première équipe ayant participé à la préparation du dossier d’appel d’offres ;

  • une seconde chargée de définir les spécifications techniques du logiciel.

Selon plusieurs spécialistes interrogés dans le cadre de cette enquête, une telle démarche soulève des questions importantes sur le respect des bonnes pratiques en matière de passation des marchés informatiques.

En effet, les spécifications techniques constituent normalement la base sur laquelle repose la préparation d’un appel d’offres. Elles permettent aux soumissionnaires de comprendre précisément les besoins de l’administration et de formuler des offres adaptées.

Dès lors, plusieurs interrogations émergent :

  • Comment un appel d’offres a-t-il pu être préparé avant la finalisation des spécifications du système ?

  • Sur quelle base technique les candidats étaient-ils censés élaborer leurs propositions ?

  • Les principes de planification et de préparation préalables exigés dans les procédures de marchés publics ont-ils été pleinement respectés ?

Selon l’organisation, ces incohérences pourraient avoir des conséquences importantes sur la qualité du projet ainsi que sur l’utilisation des financements mobilisés.

Une inquiétude croissante concernant l’exécution du projet

Au-delà des questions liées à la procédure d’attribution, plusieurs sources consultées par l’organisation expriment des inquiétudes quant à la capacité du projet à être exécuté dans les délais prévus.

Comme indiqué dans les parties précédentes, le programme financé par la Banque mondiale dispose d’un calendrier précis et doit être clôturé avant le 27 juin 2028.

Or, les retards accumulés dans la préparation du marché et les nombreuses controverses entourant sa relance pourraient compromettre la réalisation du projet dans les délais impartis.

Selon plusieurs experts interrogés, un retard important pourrait entraîner une réévaluation du financement par les partenaires techniques et financiers, avec des conséquences potentiellement lourdes pour les réformes engagées dans le secteur des finances publiques.

Une visite présidentielle qui alimente les interrogations

L’enquête revient également sur un événement survenu le 5 janvier 2026.

Selon plusieurs témoignages recueillis par l’organisation, le Président de la République se serait rendu de manière inattendue au ministère des Finances publiques.

Contrairement à certaines interprétations initiales, cette visite n’aurait pas concerné le ministre des Finances, lequel se trouvait alors en mission officielle à l’étranger.

D’après les informations obtenues, le Chef de l’État se serait entretenu avec plusieurs responsables administratifs du ministère avant de rencontrer Mme Odelie NDIHO dans son bureau.

Selon certaines sources, les échanges auraient notamment porté sur l’état d’avancement du projet financé par la Banque mondiale.

Bien que les détails de cette rencontre ne soient pas officiellement connus, plusieurs observateurs y voient le signe d’une attention croissante accordée au dossier au plus haut niveau de l’État.

Des questions qui demeurent sans réponse

Au terme de cette nouvelle phase d’investigation, plusieurs interrogations demeurent :

  • Pourquoi autant de controverses entourent-elles la procédure d’attribution du marché SIGEFP ?

  • Les mécanismes de contrôle interne ont-ils pleinement joué leur rôle ?

  • Les risques de conflits d’intérêts identifiés ont-ils été évalués par les autorités compétentes ?

  • Les capacités techniques des entreprises candidates ont-elles été examinées avec toute la rigueur requise ?

  • Quelles garanties existent aujourd’hui pour assurer la bonne utilisation des financements mobilisés dans le cadre du programme PAFEN ?

Selon l’organisation King Umurundi Freedom, ces questions méritent des réponses claires afin de préserver l’intégrité de la commande publique et d’éviter tout risque de mauvaise utilisation des ressources destinées à la modernisation de la gestion des finances publiques.

L’organisation annonce enfin que d’autres investigations seront prochainement publiées, notamment sur l’exécution d’autres marchés publics attribués à MEDIABOX et sur plusieurs projets numériques stratégiques dont la mise en œuvre continue de susciter des interrogations.

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