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Dysfonctionnements du logiciel PTBA au ministère des Finances, les agents tirent la sonnette d’alarme

Une vive inquiétude règne actuellement au sein du ministère burundais des Finances en raison des dysfonctionnements récurrents du logiciel PTBA (Plan de Travail et Budget Annuel), récemment développé et déployé par la société MEDIABOX.

Selon plusieurs sources internes, ce logiciel, qui devait fonctionner en complément du système SIGEFI, connaît de graves problèmes techniques perturbant considérablement le travail des agents du ministère. Alors que les deux plateformes étaient censées être interconnectées afin d’assurer une gestion fluide des opérations budgétaires et financières, seul le système SIGEFI serait actuellement opérationnel.

Cette situation intervient à une période particulièrement sensible marquée par les opérations de clôture budgétaire et de traitement des salaires, ce qui accentue les difficultés rencontrées par les services concernés.

Un logiciel jugé instable

D’après les témoignages recueillis auprès de plusieurs employés du ministère, le logiciel PTBA connaîtrait des interruptions fréquentes et des pannes répétées qui empêchent son utilisation normale.

Les mêmes sources attribuent ces dysfonctionnements à des insuffisances techniques dans la conception et le développement du système. Elles estiment que la société MEDIABOX, attributaire du marché, ne disposerait pas des capacités techniques nécessaires pour assurer un fonctionnement fiable et continu de la plateforme.

Les techniciens du ministère affirment également que, chaque fois que le système cesse de fonctionner, leurs sollicitations auprès de MEDIABOX resteraient souvent sans réponse satisfaisante ou sans intervention rapide permettant de rétablir le service.

Cette situation obligerait régulièrement les utilisateurs à revenir à l’utilisation exclusive du logiciel SIGEFI, ce qui compromettrait les objectifs d’intégration et de modernisation poursuivis par l’administration.

Des conséquences redoutées sur la gestion budgétaire

Les agents interrogés craignent que ces dysfonctionnements n’aient des répercussions importantes sur la gestion des finances publiques, notamment en ce qui concerne les restes à payer (RAP), qui pourraient connaître une augmentation significative si les problèmes persistent.

Selon eux, les retards et blocages provoqués par l’indisponibilité du PTBA risquent d’affecter le suivi des engagements budgétaires ainsi que la bonne exécution des opérations financières en cours.

Un marché public de deux milliards de francs burundais

Pour rappel, le projet PTBA aurait représenté un investissement d’environ deux milliards de francs burundais (2 milliards FBu).

Des voix critiques s’interrogent aujourd’hui sur les conditions dans lesquelles ce marché a été attribué ainsi que sur la qualité des prestations fournies. Elles estiment que les difficultés actuellement observées mériteraient une évaluation approfondie afin d’établir les responsabilités éventuelles et de garantir une utilisation efficiente des ressources publiques.

Pour davantage d’informations sur les conditions d’attribution de ce marché public, notre organisation avait précédemment publié une enquête détaillée mettant en lumière plusieurs irrégularités présumées entourant l’octroi de ce contrat. Cette enquête est disponible au lien suivant: Deuxième partie—Suite de l’enquête sur des soupçons de manipulation des marchés publics autour du projet SIGEFP financé par la Banque mondiale – KUF-ASBL

Face à cette situation, plusieurs agents du ministère appellent à une intervention rapide des autorités compétentes afin de rétablir le fonctionnement normal du système et d’éviter que ces dysfonctionnements ne compromettent davantage les activités liées à la gestion budgétaire et financière de l’État.

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