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Détentions arbitraires et conditions inhumaines au BSR, la vie des détenus en péril

Des citoyens détenus au Commissariat municipal de la police de Bujumbura, communément appelé BSR, tirent la sonnette d’alarme face à des conditions de détention extrêmement préoccupantes, marquées par une surpopulation sévère et des traitements contraires à la dignité humaine. Sans intervention urgente, des pertes en vies humaines sont à craindre.

Le BSR dispose de trois espaces de détention distincts : un pour les enfants, un pour les femmes et un pour les hommes. Ces lieux sont aujourd’hui surchargés. La majorité des personnes détenues n’ont aucun dossier judiciaire et semblent avoir été arrêtées arbitrairement, puis abandonnées dans l’oubli. Certains détenus sont contraints de passer la nuit debout, faute d’espace. Ces pratiques constituent de graves violations des droits fondamentaux.

La situation sanitaire est tout aussi alarmante. Les détenus n’ont accès à aucune toilette fonctionnelle : toutes les fosses septiques sont saturées, l’eau est inexistante dans les cellules et une odeur insupportable envahit les lieux. Les appels à l’aide se multiplient, sans réponse des autorités.

🔶 Le BSR transformé en centre de corruption ?

Selon plusieurs sources internes au BSR, cette situation résulterait des méthodes du responsable du service, le Colonel de Police Édouard MUKOKO, accusé d’ordonner des arrestations massives dans le but d’exiger des paiements en échange des libérations. Des policiers seraient envoyés quotidiennement dans les quartiers pour interpeller des citoyens à leur domicile, tandis que d’autres arrêtent des enfants vivant dans la rue. Toute personne arrêtée est conduite au BSR et ne peut recouvrer sa liberté qu’après avoir versé un pot-de-vin.

« Le BSR est devenu un véritable centre de perception de pots-de-vin », dénoncent des défenseurs des droits humains.

Malgré la saturation extrême des cellules et la dégradation rapide de l’état de santé des détenus, des camions de la police continuent d’y acheminer de nouvelles personnes. Des images en notre possession témoignent de cette situation dramatique.

Un agent de sécurité en poste au BSR a confié à King Umurundi Freedom :

« Les conditions ici sont inhumaines. Les détenus sont entassés, ils ne dorment pas, passent la nuit assis les uns contre les autres. Nous craignons des morts. Les toilettes sont toutes pleines. Le commissaire ne pense qu’à l’argent et ordonne sans cesse de nouvelles arrestations. Presque tous les détenus n’ont aucun dossier judiciaire. »

Face à cette situation alarmante, King Umurundi Freedom appelle le ministère de la Justice, ainsi que les institutions concernées, à intervenir d’urgence afin de sauver la vie des détenus, faire respecter l’État de droit et mettre fin aux pratiques attribuées au Colonel de Police Édouard MUKOKO.

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