Ngozi, 16 décembre 2025 — Plus de 120 journalistes africaines et internationales ont signé une lettre de solidarité adressée à la journaliste burundaise Aline Sandra Muhoza, actuellement détenue à la prison centrale de Ngozi. Elles dénoncent ce qu’elles qualifient d’incarcération injuste et exigent sa libération immédiate et inconditionnelle.
Muhoza a été arrêtée en avril 2024 pour avoir exprimé une opinion dans un groupe WhatsApp de journalistes. En décembre 2024, elle a été condamnée à 21 mois de prison, suscitant l’indignation des défenseurs de la liberté de la presse. Le 30 mai 2025, la Cour d’appel de Bujumbura a annulé la procédure judiciaire ayant conduit à sa condamnation, faisant naître l’espoir d’une libération. Pourtant, contre toute attente, de nouvelles charges ont été portées contre elle, prolongeant sa détention.
Dans leur lettre datée du 16 décembre, les signataires — originaires notamment du Kenya, d’Afrique du Sud, du Nigeria, du Sénégal, de Côte d’Ivoire, d’Éthiopie, du Cameroun et du Burundi* — expriment leur vive inquiétude face à la prolongation de cette affaire. Elles soulignent que sa détention constitue une atteinte à sa liberté, mais aussi une tentative de faire taire une « voix essentielle » des médias burundais.
La lettre met également en lumière les répercussions humaines de cette affaire. Certaines signataires, elles-mêmes mères, expriment leur empathie face à la douleur de Muhoza, séparée de sa famille et de ses jeunes enfants, notamment en cette période des fêtes. Elles alertent aussi sur sa santé fragile, évoquant une maladie chronique qui complique ses déplacements — une réalité difficile dans les conditions carcérales.
Au-delà de leur soutien moral, les journalistes affirment que le cas de Muhoza est suivi de près à travers toute l’Afrique et à l’international. Parmi les signataires figurent des rédactrices en chef, des responsables de rédaction et des membres d’organisations internationales de défense de la liberté de la presse. Elles s’engagent à poursuivre leur plaidoyer jusqu’à sa libération.
Cette mobilisation collective relance le débat sur la liberté de la presse au Burundi, où les journalistes font régulièrement face à des pressions politiques et judiciaires. Pour les signataires, la libération d’Aline Sandra Muhoza constituerait un signal fort en faveur des droits fondamentaux et de la liberté d’expression.