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Un retour inattendu au sein du cercle judiciaire

Quand la justice perd en crédibilité, c’est toute la confiance des citoyens qui vacille — une réalité qui semble une fois de plus se confirmer au Burundi.

« Un ancien procureur suspendu pour des faits graves peut-il réellement incarner à nouveau la justice ? » C’est la question que se posent de nombreux citoyens après la récente nomination de BAZIKWANKANA Ferdinand au poste de substitut général près de la Cour d’appel de Buhumuza, selon une ordonnance ministérielle signée le 03/04/2026 par le ministre de la Justice, Alfred Ahingejeje.

Cette décision suscite une vive incompréhension. En effet, BAZIKWANKANA Ferdinand, ancien procureur de la province de Cankuzo, avait été précédemment suspendu de ses fonctions à la suite de nombreuses accusations de corruption et de pratiques contraires à l’éthique judiciaire.

Depuis cette suspension en novembre 2025, il était sans fonction et en situation de chômage, éloigné de toute activité au sein de l’appareil judiciaire. Pourtant, sa réapparition dans une haute fonction de la magistrature a surpris plus d’un observateur.

Son passage au parquet de Cankuzo (dans l’ancienne organisation administrative) avait été marqué, selon plusieurs témoignages, par des dérives graves : perception de pots-de-vin, manipulation de dossiers judiciaires et protection présumée d’auteurs d’infractions.

L’organisation King Umurundi Freedom avait notamment dénoncé son implication dans la libération controversée de membres des Imbonerakure accusés d’avoir tué sauvagement un citoyen, NSHIMIRIMANA Léonard, le 01/02/2025 sur la colline Bumba, zone Camazi, commune Gisagara. Link: Cankuzo : inquiétudes croissantes face à l’impunité après la libération des Imbonerakure accusés du meurtre de NSHIMIRIMANA Léonard – KUF-ASBL

Face à ces accusations répétées, sa suspension en novembre 2025 avait été largement saluée par la population locale, qui y voyait un pas vers une justice plus équitable.

Aujourd’hui, son retour au sein de l’appareil judiciaire provoque stupeur et indignation. Beaucoup s’interrogent : n’existait-il réellement aucun autre candidat crédible pour occuper ce poste stratégique ?

Plus profondément, cette nomination relance un débat de fond : quels sont les critères réels de sélection au sein de la justice ? Et comment espérer restaurer la confiance des citoyens lorsque des profils controversés sont réhabilités sans explication transparente ?

Pour de nombreux citoyens, cette décision donneh l’impression d’un système judiciaire qui recycle ses propres dérives au lieu de les corriger.

Au sein de notre organisation, nous dénonçons fermement cette nomination, que nous qualifions de surprenante et préoccupante, dans un contexte où la justice devrait au contraire renforcer sa crédibilité et son intégrité.

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