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Ruyigi : mort d’un Imbonerakure après des violences policières, une affaire qui scandalise la population

La mort brutale d’un Imbonerakure à Ruyigi, survenue après un passage au commissariat, soulève une vague d’indignation et relance le débat sur l’impunité et les abus de pouvoir dans l’est du pays.

Un décès sur fond de violences policières

Hamissi, surnommé Mangue, est décédé le 6 janvier 2026 à l’Hôpital Rural de Ruyigi. Selon plusieurs sources concordantes, il aurait succombé aux suites de violents coups infligés par des policiers au commissariat communal de Ruyigi, dans la province de Buhumuza.

Qui était Hamissi, dit “Mangue” ?

Originaire de la colline Murehe, Hamissi résidait au quartier Gasanda, au chef-lieu communal de Ruyigi. Membre des Imbonerakure, la ligue de jeunesse du parti au pouvoir CNDD-FDD, il était une figure bien connue en ville. Il gagnait sa vie comme porteur de marchandises au marché central.Dans les années 2015, Mangue avait été cité à plusieurs reprises pour sa collaboration avec d’autres Imbonerakure réputés pour des exactions nocturnes, des violences et des vols contre des civils, sous couvert d’opérations de “sécurisation”. À Ruyigi, ces groupes étaient souvent perçus comme intouchables.

Une affaire de ciment à l’origine du drame

Au cœur de l’affaire, une collecte de ciment au marché de Ruyigi. Mangue s’y serait présenté en affirmant agir sur instruction du responsable communal du CNDD-FDD, Fiacre NKUNZIMANA, muni d’un document portant une signature attribuée à ce dernier. Les commerçants, convaincus par la proximité connue entre les deux hommes, auraient remis jusqu’à 30 sacs de ciment.Peu après, Fiacre NKUNZIMANA a nié toute implication, affirmant n’avoir jamais mandaté Mangue ni reconnu la lettre. Il aurait alors ordonné l’arrestation de l’Imbonerakure.

Arrestation, résistance et déchaînement de violence

Placée au cachot du commissariat de Ruyigi, la victime aurait refusé la détention, maintenant sa version des faits. Une altercation s’ensuit. Selon des sources internes, Mangue aurait tenté de s’évader, sans y parvenir.C’est à ce moment que l’ordre de le battre aurait été donné. Des témoins rapportent une instruction sans équivoque attribuée à Fiacre NKUNZIMANA, immédiatement suivie de l’aval du chef du commissariat. Les policiers auraient alors roué de coups Mangue jusqu’à le laisser dans un état critique.

De la cellule à l’hôpital, puis la mort

Gravement blessé, Mangue a été transporté d’urgence à l’Hôpital Rural de Ruyigi. Il y est décédé peu après son admission. Les circonstances exactes de sa mort n’ont, à ce jour, fait l’objet d’aucune enquête judiciaire publique.

Silence des autorités et colère de la population

Depuis le drame, un silence pesant entoure l’affaire. Aucune poursuite n’a été engagée, ni contre le responsable politique cité, ni contre les agents impliqués. À Ruyigi, la population exprime une indignation croissante, dénonçant une mort survenue alors que la victime était sous la garde des forces de l’ordre, censées la remettre à la justice. Pour de nombreux habitants, cette affaire symbolise une dérive grave de l’autorité et l’urgence de mettre fin à l’impunité. La demande est claire : vérité, justice et responsabilités.

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