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Prison de Murembwe : les détenus dénoncent de graves actes de maltraitance et lancent un appel au secours

Jusqu’à quand les autorités pénitentiaires resteront-elles sans agir pour protéger les détenus ?

Des détenus de la prison de Murembwe, située dans la commune de Rumonge, en province de Burunga, lancent un cri d’alarme face à de graves faits de maltraitance qu’ils attribuent à HABIMANA Marc, surnommé « Salumu », présenté comme le responsable des détenus au sein de cet établissement pénitentiaire.

Selon les témoignages rapportés par les détenus, ces derniers seraient victimes de traitements abusifs, notamment de confiscations de leurs biens personnels et de sanctions particulièrement sévères.

Salumu accusé de dépouiller les nouveaux détenus

D’après les informations communiquées par les détenus, Salumu aurait instauré une pratique consistant à confisquer systématiquement l’argent et les biens des personnes nouvellement incarcérées à la prison de Murembwe, y compris celles transférées d’autres établissements pénitentiaires.

Il leur retirerait les sommes d’argent qu’elles possèdent, en leur affirmant qu’aucun détenu ne peut être incarcéré avec de l’argent en sa possession.

Ces pratiques présumées seraient menées avec la complicité de personnes qui l’accompagnent, désignées sous le terme d’« agents de sécurité », selon les témoignages recueillis auprès des détenus.

Les victimes de ces confiscations feraient également l’objet d’intimidations, ce qui les empêcherait de réclamer la restitution de leurs biens ou de dénoncer les faits auprès des autorités compétentes.

Des sanctions sévères infligées aux détenus

La situation serait particulièrement préoccupante au sein de la prison de Murembwe. Selon les témoignages rapportés, les détenus, qu’ils soient accusés d’infractions mineures ou qu’ils tentent simplement de dénoncer les pratiques qu’ils jugent abusives, s’exposeraient à des sanctions particulièrement sévères.

Les personnes considérées comme fautives seraient notamment conduites dans une cellule de très petite taille, appelée « correction », située dans le sixième bloc de la prison.

D’après les mêmes témoignages, Salumu ferait répandre de l’eau sur le sol de cette cellule avant d’y enfermer les détenus concernés, qui seraient ensuite privés de nourriture pendant leur détention dans ce lieu.

Ces pratiques présumées soulèvent de sérieuses préoccupations quant au respect de la dignité humaine et aux conditions de détention dans cet établissement pénitentiaire.

Un appel urgent aux autorités judiciaires

Les détenus affirment avoir tenté à plusieurs reprises d’alerter le directeur de la prison, le colonel de police MANIRAKIZA Pascal, au sujet de ces faits présumés, sans qu’aucune mesure corrective effective n’ait été prise jusqu’à présent, selon leurs déclarations.

Ils soupçonnent l’existence de liens privilégiés entre le directeur de la prison et Salumu, qui pourraient, selon eux, expliquer l’absence de réaction des autorités de l’établissement. Ces allégations restent toutefois à vérifier.

Face à cette situation, les détenus lancent un appel pressant au ministre de la Justice du Burundi afin qu’il prenne les mesures nécessaires pour faire la lumière sur ces accusations, protéger les personnes incarcérées et mettre fin à toute pratique abusive qui serait établie.

Ils demandent aux autorités compétentes d’intervenir en urgence pour garantir leur sécurité, préserver leurs droits fondamentaux et leur permettre de purger leur peine ou d’attendre leur jugement dans des conditions respectueuses de la dignité humaine.

De nouvelles accusations concernant des détenues

Par ailleurs, Salumu est également mis en cause dans des allégations de mauvais traitements visant des détenues de sexe féminin au sein de l’établissement pénitentiaire. Selon l’organisation King Umurundi Freedom, ces accusations feront l’objet d’une prochaine publication.

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