Révélations sur des malversations financières majeures mettant en péril la pérennité de l’Office du Thé du Burundi (OTB), un acteur clé de l’économie nationale sous la direction de l’ingénieur Gilles MUKUNDWA.
L’organisation King Umurundi Freedom lance une série d’enquêtes documentées sur la gestion controversée de l’OTB, un établissement public chargé de la transformation et de la commercialisation du thé au Burundi. Selon nos investigations, de nombreuses irrégularités financières sont observées, portant sur des centaines de millions de francs burundais détournés via des marchés publics truqués, attribués sans appels d’offres, avec des montants largement surévalués par rapport aux prévisions techniques officielles.
1. Un écart de 65 millions Fbu sur la rénovation du siège.
Les services techniques de l’OTB avaient estimé à 50 millions Fbu la rénovation du toit du siège à Bujumbura. Cependant, le contrat a été accordé sans appel d’offres à l’entreprise EECOCO pour un montant de 115 millions Fbu. Soit une surfacturation de 65 millions, sans justification technique ni administrative. Cette opération viole les procédures de passation des marchés publics et soulève de sérieuses interrogations.
2. A Rwegura, un réservoir d’eau trois fois plus cher
À Rwegura (actuelle province de Butanyerera), un projet de réhabilitation d’un réservoir d’eau a été budgétisé à 30 millions Fbu par les ingénieurs de l’OTB. Le contrat a pourtant été attribué à DYNAMIC APEX SOCIETY pour 90 millions Fbu, sans appel d’offres. Résultat : 60 millions Fbu de surfacturation, sans explication. Aucun ajustement technique ni imprévu ne justifie cet écart.
3. Un pont en bois à Buhoro surfacturé de 25 millions

À Buhoro (province de Bujumbura), l’OTB a construit un pont en bois. Le devis initial s’élevait à 50 millions Fbu, en tenant compte du fait que le bois utilisé provenait du stock de l’OTB lui-même. Pourtant, le marché a été confié à DYNAMIC APEX SOCIETY pour 75 millions Fbu, avec une surfacturation de 25 millions Fbu. Là encore, aucun achat externe n’a été effectué, confirmant une fraude manifeste.
🔶️ Un système de détournement structuré ?
Tous ces marchés ont été attribués sans appel d’offres et les entreprises bénéficiaires sont enregistrées au nom d’un seul individu, Arthémon NIMPAGARITSE, selon des documents obtenus par King Umurundi Freedom. Cela laisse supposer un réseau fermé de collusion, où les contrats publics sont confiés à un cercle restreint, au détriment de la transparence et de la performance économique de l’institution.
🔶️ Des conséquences alarmantes
Les montants détournés affaiblissent considérablement les capacités d’investissement de l’OTB. Ces pratiques compromettent la rentabilité de l’établissement, réduisent les dividendes versés à l’État, et mettent en péril les revenus des milliers de travailleurs dépendant de la filière thé au Burundi.
🔶️ Appel à une enquête indépendante.
Face à ces révélations, des employés de l’OTB dénoncent un climat de peur et de frustration, et appellent à la mise en place urgente d’une commission d’enquête indépendante pour établir les responsabilités, auditer les marchés publics récents et sanctionner les auteurs de ces pratiques frauduleuses.
Ce rapport constitue la première partie d’un dossier d’enquête sur les malversations au sein de l’OTB. D’autres révélations suivront dans les jours à venir.