Une somme importante d’argent a récemment été retirée de force de son compte bancaire.
Le gouvernement du CNDD-FDD a-t-il l’intention de confisquer les biens de cet homme d’affaires ou cherche-t-il à le ruiner ? Comment en est-on arrivé à une situation où l’État décide de saisir une partie de sa fortune ?
Plus de 33 milliards de francs burundais ont récemment été retirés du compte de WAKENYA dans des conditions que certains considèrent comme contraires à la loi ou imposées par la force. Beaucoup y voient un signe d’une volonté de confiscation ou d’appauvrissement de cet homme d’affaires.
Rappelons qu’Aloys NTAKARUTIMANA, surnommé WAKENYA, est détenu à la prison centrale de Mpimba à Bujumbura depuis son arrestation par les services de renseignement le 24 mars 2026. Ancien député, il a également été président de la FEBABU (Fédération de Basketball du Burundi).
En résumé, cet homme d’affaires a été arrêté après qu’il a été révélé qu’il avait investi, avec d’autres investisseurs, dans la société SYNERGY VENTURES, basée à l’île Maurice et dont il est actionnaire. Cette société a par la suite acquis une brasserie située en République démocratique du Congo, dans la région de Bukavu, une zone alors sous le contrôle du mouvement M23, opposé au gouvernement congolais.
Il convient de préciser que WAKENYA, en tant qu’homme d’affaires, s’était associé à d’autres investisseurs dans le cadre d’une opération purement commerciale visant l’acquisition de cette brasserie. Cependant, cette initiative n’aurait pas été appréciée par le gouvernement du CNDD-FDD, qui accuse régulièrement le M23 et soutient les efforts de la RDC contre ce mouvement. C’est dans ce contexte qu’il aurait été arrêté puis emprisonné.
Après son arrestation, WAKENYA, a été poursuivi pour des accusations graves, notamment :
atteinte à la sûreté de l’État,
trahison,
soutien financier à des groupes armés ou considérés comme terroristes.
Nul ne sait aujourd’hui ce qui pourrait conduire à sa libération. Toutefois, ce qui suscite particulièrement l’attention de nombreux observateurs est ce qui apparaît comme le début d’une opération visant à le dépouiller de ses biens.
Pourquoi cette inquiétude ?
WAKENYA est propriétaire de la société SOVAGRO-SU, une entreprise qui collabore avec la BRARUDI en lui fournissant certains produits et équipements nécessaires à ses activités.
Après son incarcération, les autorités ont affirmé que la société SOVAGRO n’aurait pas payé certaines taxes dues à l’OBR (Office Burundais des Recettes). Cette société dispose d’un compte à la banque CRDB.
Peu après, un ordre aurait été émis pour procéder à un prélèvement sur ce compte bancaire. Ainsi, la somme de 33 491 226 260 francs burundais aurait été retirée le 19 juin 2026, selon des documents en notre possession que nous ne souhaitons pas publier afin de protéger nos sources.
Cependant, selon certaines informations, la société accusée de devoir ces taxes ne serait pas SOVAGRO. De plus, l’entreprise concernée ne comporterait ni le nom ni les participations financières de WAKENYA parmi ses actionnaires.
À ce stade, il demeure difficile de comprendre pourquoi les autorités du CNDD-FDD se seraient autorisées à retirer une somme aussi importante du compte de WAKENYA. Cette situation alimente les interrogations de ceux qui soupçonnent une tentative de spoliation de ses biens.
Aujourd’hui, beaucoup peinent à comprendre pourquoi WAKENYA a été emprisonné pour avoir investi à l’étranger et pourquoi il est accusé d’avoir soutenu des groupes terroristes, alors qu’un homme d’affaires est libre de développer ses activités commerciales et ses investissements au-delà des frontières nationales.
C’est sur cette base que certains appellent les autorités du CNDD-FDD à libérer cet homme d’affaires, dont l’état de santé continuerait à se détériorer alors qu’il est détenu.