Les agents ayant participé à l’opération nationale de recensement des moustiquaires imprégnées traversent une situation de frustration et d’inquiétude grandissantes, après plusieurs semaines d’attente sans avoir perçu les indemnités promises pour le travail accompli sur le terrain.
🔶 Une opération nationale soutenue par des partenaires internationaux
Cette opération de recensement, menée sur toute l’étendue du territoire burundais, a été organisée par le Ministère de la Santé Publique, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, notamment World Vision et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD Burundi).
Les activités se sont déroulées du 8 au 17 octobre 2025, mobilisant un grand nombre d’agents temporaires chargés d’identifier les ménages bénéficiaires en vue de la distribution des moustiquaires.
Selon les termes communiqués aux agents avant le début de la mission, chaque participant devait percevoir une indemnité journalière de 30 000 francs burundais, couvrant les frais de transport, de communication et de subsistance, ainsi que la rémunération du travail fourni.
🔶 Des engagements financiers non respectés
À la fin de l’opération de recensement, les agents s’attendaient légitimement à être payés dans des délais raisonnables, comme cela est généralement le cas pour ce type d’activités financées par des partenaires internationaux. Toutefois, aucun paiement n’a été effectué, malgré la clôture officielle des travaux.
Plus préoccupant encore, la phase suivante du programme — la distribution des moustiquaires aux ménages — a été menée à son terme, alors même que les agents ayant assuré le recensement initial n’avaient toujours pas reçu leurs indemnités. Pour beaucoup, cette situation est vécue comme une injustice flagrante et un manque de considération envers leur contribution essentielle au succès du programme.

🔶 Inquiétudes, silence administratif et soupçons de mauvaise gestion
Face à ce retard prolongé, les agents concernés affirment avoir multiplié les démarches auprès des responsables locaux et des superviseurs du projet. Cependant, ils disent n’avoir reçu aucune explication claire, ni calendrier précis concernant le paiement de leurs indemnités.
Ce silence administratif alimente des craintes croissantes : certains redoutent que les fonds destinés à leur rémunération aient été mal gérés, retenus abusivement ou détournés, d’autant plus que le projet était doté de financements identifiés.
Pour ces agents, dont beaucoup dépendent de ce revenu temporaire pour subvenir aux besoins de leurs familles, ce retard a des conséquences économiques et sociales importantes, accentuant la précarité et l’endettement.
🔶 Appel au ministère et aux partenaires
À ce jour, les agents du recensement lancent un appel urgent au Ministère de la Santé Publique, ainsi qu’aux organisations partenaires, afin que la situation soit rapidement clarifiée et que les indemnités dues soient versées sans délai.
Ils demandent également plus de transparence dans la gestion financière des projets impliquant des travailleurs temporaires, afin d’éviter que de telles situations ne se reproduisent à l’avenir.
Pour eux, il est incompréhensible qu’une activité d’intérêt public, soutenue par des partenaires internationaux et exécutée dans les délais, puisse laisser derrière elle des travailleurs impayés et sans recours clair.