Le droit au retour volontaire des réfugiés congolais doit être respecté par le Gouvernement du Burundi et le HCR.
Dans le cadre du programme UMUSEKE, les organisations de défense des droits humains — Ligue Burundaise des Droits de l’Homme Iteka et King Umurundi Freedom — ont suivi et documenté la situation humanitaire des réfugiés congolais ayant fui la crise dans l’est de la RDC suite à la prise de la ville d’Uvira par l’AFC-M23 et TWIGWANEHO. La gestion d’un mouvement massif de réfugiés, comprenant des civils et des membres de divers groupes armés, a compliqué la fourniture des services de base que ces réfugiés devraient recevoir du Gouvernement du Burundi et de ses partenaires. La répartition de ces réfugiés sur différents sites, centres et camps militaires — en particulier les membres de groupes armés — soulève de sérieuses préoccupations et appelle à un suivi étroit.
Depuis le 9 décembre 2025, le site de Busumo, situé sur la colline de Busumo, dans la zone de Kayongozi, commune de Ruyigi, province de Buhumuza, accueille à lui seul environ soixante-dix mille réfugiés congolais, et de nouveaux arrivants continuent d’affluer. Nos organisations saluent l’engagement du Gouvernement du Burundi et de ses partenaires, y compris l’ONPRA, le HCR, la Croix-Rouge burundaise et SOPRAD-CARITAS Ruyigi, pour l’assistance initiale fournie à ces réfugiés congolais, malgré les nombreux défis restant à relever.
Nos organisations ont cependant observé des incidents préoccupants lors des transferts depuis les centres de transit vers le site de Busumo et d’autres lieux. Certains réfugiés auraient été forcés à monter dans des véhicules contre leur volonté, alors qu’ils souhaitaient rentrer chez eux. Il convient de noter que leurs plaintes persistent encore aujourd’hui sur le site de Busumo, où ils séjournent actuellement. Des comportements alarmants ont été rapportés, notamment un incident où un policier a été gravement blessé, ce qui a poussé le gouverneur de la province de Buhumuza à intervenir pour rétablir le calme.
Face à cette situation alarmante, nos organisations souhaitent alerter le Gouvernement du Burundi et la communauté internationale que l’ultimatum donné par le Gouvernement du Burundi n’est pas une solution pour les personnes revendiquant leurs droits fondamentaux.
Ce refus de retour volontaire est perçu comme une violation flagrante des principes de protection des réfugiés établis par la Convention de Genève de 1951 et son Protocole de 1967 relatif au Statut des réfugiés, ainsi que par d’autres instruments internationaux pertinents. L’article 1, Section C.1. de la Convention stipule que la protection cesse de s’appliquer à une personne « si elle s’est volontairement réavaillée de la protection du pays dont elle a la nationalité ».
La Convention de Genève de 1951, ratifiée par le Burundi, garantit le droit au retour volontaire dans son pays d’origine (Article 1) et la liberté de circulation (Article 26).
À la lumière de ce qui précède, la Ligue Iteka et King Umurundi Freedom recommandent :
Au Gouvernement du Burundi et au HCR :
• Initier un dialogue entre les autorités des deux pays afin d’organiser le processus de rapatriement des réfugiés souhaitant rentrer chez eux.
• Accélérer les procédures pour faciliter le retour volontaire de tous les réfugiés congolais conformément à la Convention de Genève, aux instruments internationaux pertinents et à la Constitution du Burundi.
• Continuer à fournir une assistance aux réfugiés sur son territoire, en particulier aux réfugiés congolais récemment arrivés et les plus nécessiteux.
Aux partenaires techniques et financiers du Gouvernement du Burundi, y compris l’ONU, l’UE et les missions diplomatiques accréditées au Burundi :
• Soutenir le Gouvernement du Burundi et ses partenaires dans l’accomplissement de leur responsabilité de protéger et de prendre soin de ces réfugiés.
• Veiller au respect des droits des réfugiés, en particulier en facilitant une solution rapide et sûre pour ceux qui demandent à retourner volontairement dans leur pays d’origine.
Pour le Programme UMUSEKE
Anschaire NIKOYAGIZE
Président, Ligue Iteka
+256701178261
Vianney NIZIGIYIMANA
Président, King Umurundi Freedom
+33 7 58 27 92 94