Un drame s’est produit sur la colline de Kivuvu, en commune de Kabarore, dans la province de Kayanza, où un éboulement de terrain a frappé un site d’exploitation de coltan. L’accident a coûté la vie à quatre mineurs, morts sur le coup, tandis que plusieurs autres ont été blessés et évacués vers des structures de santé de la province pour y recevoir des soins.
Selon des témoignages recueillis sur place, l’éboulement est survenu alors que les travailleurs se trouvaient à l’intérieur de fosses d’extraction. Pris au piège par l’effondrement soudain de la terre, certains n’ont eu aucune chance de s’échapper.
Ce qui suscite davantage l’indignation, c’est le manque flagrant de mesures de sécurité sur le site. Plusieurs sources indiquent que les mineurs travaillaient sans équipements de protection appropriés, les exposant en permanence à de graves dangers. L’absence de casques, de bottes adaptées ou d’autres dispositifs de sécurité de base soulève de sérieuses inquiétudes quant aux conditions de travail dans ces exploitations.
Le silence des responsables du site minier alimente également les interrogations. Aucun d’entre eux n’a souhaité s’exprimer publiquement ni fournir d’explications aux médias, renforçant la colère et l’incompréhension des populations locales.
Le site serait exploité par des opérateurs privés, notamment Révérien Hategekimana, dit « Amstel », François Uwiragiye, surnommé « Mayondori », ainsi que Vincent Ndagijimana, au sein de la société COMEBU, spécialisée dans l’extraction du coltan. Selon plusieurs témoignages, des accidents similaires se produisent régulièrement dans ces carrières, sans que des mesures efficaces ne soient prises pour les prévenir.
Ce nouvel accident relance le débat sur la sécurité dans le secteur minier au Burundi. De nombreuses voix appellent les autorités à renforcer les contrôles, à imposer des normes strictes en matière de sécurité et à contraindre les exploitants à assurer leurs travailleurs.
Il convient de rappeler que le président de la République, Évariste Ndayishimiye, s’était récemment rendu sur ce site, où il avait soulevé des interrogations sur la gestion des revenus issus de l’exploitation minière, déclarant : « Où vont les ressources tirées de ces mines ? »

Face à la répétition de tels drames, les familles des victimes réclament non seulement justice, mais aussi une indemnisation ainsi que de meilleures garanties pour protéger les travailleurs encore en activité.
En cette période de deuil, les pensées vont aux familles endeuillées. Que les âmes des disparus reposent en paix.