Détournement de fonds destinés aux enseignants volontaires
Des fonds destinés à soutenir les enseignants volontaires de la commune de Ntega ont été détournés. Ces enseignants réclament aujourd’hui des explications et des comptes sur la disparition de cet argent.
King Umurundi Freedom a mené une enquête indépendante et rend désormais publiques ses conclusions.
Origine du fonds
Sous l’ancienne organisation administrative, le bureau communal de l’éducation de Ntega avait mis en place un Fonds d’appui à l’éducation destiné spécifiquement à soutenir les enseignants volontaires. Ce fonds était alimenté par des contributions des ménages et des agents de l’administration locale. Géré à travers un compte à la COOPEC de Ntega, il permettait de verser de modestes indemnités aux enseignants volontaires afin de les aider à couvrir leurs besoins essentiels.
Que sont devenus les fonds ?
Lors de la transition vers la nouvelle réorganisation administrative — lorsque la commune de Ntega a été intégrée à la nouvelle commune de Kirundo — le compte concerné contenait plus de huit millions de francs burundais (8 000 000 FBu). C’est à ce moment-là que les fonds ont été retirés.
Selon notre enquête, le retrait a été effectué par Jean Marie MUSABANGANJI, alors directeur communal de l’éducation, et Pierre Claver MBANZABUGABO, ancien administrateur communal. Tous deux étaient signataires autorisés du compte.
Prétextant que le fonds ne serait plus utile dans le nouveau système administratif, ils ont procédé au retrait de la totalité de la somme. Par la suite, afin de calmer les bénéficiaires, ils ont distribué 10 000 FBu à chaque enseignant volontaire, tout en dissimulant le fait que le fonds avait déjà été entièrement vidé.
Réactions et revendications
Les enseignants concernés expriment leur colère et un profond sentiment de trahison. Plusieurs nous ont déclaré :
« Nous n’avons jamais été informés que tout l’argent avait été retiré. Ils nous ont donné 10 000 FBu comme s’il s’agissait d’une faveur, alors qu’ils avaient déjà pris plus de huit millions. Ils ont profité de la transition administrative pour cacher leur manœuvre. »
En conséquence, les enseignants volontaires exigent :
— une transparence totale sur la gestion de ces fonds,
— la restitution des montants détournés,
— et la poursuite judiciaire des personnes présumées responsables, conformément à la loi.