Quand les intérêts du parti au pouvoir priment sur la santé publique
La situation à l’Hôpital de Kirundo est alarmante. L’établissement est paralysé par un vide de leadership, trois mois de salaires impayés et une grave pénurie de médicaments. Le personnel soignant est abandonné à lui-même, et les patients en subissent les conséquences.
À l’origine de cette crise se trouve une série de blocages politiques internes au sein du parti CNDD-FDD. L’ancien directeur de l’hôpital, le Dr Prosper Nimubona, est parti pour la Chine en juin 2025. Il a été provisoirement remplacé par le Dr Thierry Ndayiziga (Médecin Chef du District Sanitaire de Kirundo). Par la suite, un arrêté ministériel a nommé le Dr Louise Ndihokubwayo comme nouvelle directrice de l’institution. Mais peu après sa nomination, elle a été démis de ses fonctions sous la pression des responsables locaux du CNDD-FDD, qui affirmaient qu’elle n’était pas reconnue comme membre du parti. Ils lui auraient déclaré : « Partez, nous ne vous connaissons pas dans notre parti. »
Depuis lors, l’hôpital se retrouve sans administrateur qualifié, habilité à signer les documents nécessaires au paiement du personnel ou à l’achat de médicaments. En conséquence :
Les employés contractuels n’ont pas reçu leurs salaires depuis trois mois.
La pharmacie de l’hôpital est vide faute de fonds débloqués.
Les patients ne reçoivent plus les soins adéquats.
Face à ce chaos, l’organisation King Umurundi Freedom dénonce la dangereuse politisation du secteur de la santé et appelle la Ministre de la Santé Publique, Lyduine Baradahana, à assumer ses responsabilités en nommant d’urgence une équipe de gestion compétente — indépendante des diktats partisans — afin de rétablir le fonctionnement normal de l’Hôpital de Kirundo.