View Site in Français 🇫🇷 | English 🇺🇸

View Site in Français 🇫🇷 | English 🇺🇸

Commune de Ntega sous le choc : la mort de NKURINGOMA Jean soulève de graves questions

La mort de NKURINGOMA Jean, surnommé KIDEREGE, continue de susciter de nombreuses interrogations dans la commune de Ntega, en province de Kirundo. Selon les informations recueillies auprès de plusieurs sources et les témoignages rapportés, cet homme de 54 ans aurait été violemment agressé avant de décéder deux jours plus tard.

Les habitants demandent que toute la lumière soit faite sur les circonstances de sa mort et réclament justice.

NKURINGOMA Jean vivait au centre de Ntore, sur la colline de Rushubije, dans la commune de Ntega. Marié et père de sept enfants, il travaillait auparavant dans le secteur de l’eau au niveau communal. La photo utilisée pour l’identifier est une ancienne photo prise lorsqu’il était encore jeune.

Des accusations autour du secteur de l’eau

Selon les informations recueillies, la mort de NKURINGOMA Jean pourrait être liée à une affaire concernant la gestion du secteur de l’eau dans la commune de Ntega.

Un ancien responsable de ce service, MUSABANGANJI Jean Marie, est cité dans le récit. Celui-ci aurait auparavant dirigé le secteur de l’eau dans la commune.

Notre enquête fait état d’allégations concernant des irrégularités et de possibles détournements dans ce service. Elle évoque notamment la disparition ou la vente présumée de certains équipements destinés à l’approvisionnement en eau, notamment des tuyaux et d’autres matériels.

Trois motos auraient également été achetées pour faciliter le travail des agents du secteur de l’eau, mais n’auraient jamais été livrées à la commune, selon les informations recueillies.

Par la suite, MUSABANGANJI Jean Marie aurait été nommé à d’autres fonctions dans le secteur de l’éducation, au DCE Ntega. Il aurait pris ses nouvelles fonctions le 16 novembre 2023, au moment de la passation avec son successeur.

Lors de la prise en charge du service de l’eau par un nouveau responsable, des irrégularités auraient été constatées lors de l’inventaire. Certains biens auraient été introuvables et les motos mentionnées précédemment n’auraient pas été présentes.

Selon les témoignages recueillis, cette situation aurait provoqué des tensions entre plusieurs responsables communaux.

L’agression du 8 mars 2024

Le 8 mars 2024, NKURINGOMA Jean se trouvait près de son domicile, sur la colline de Rushubije.

Selon nos sources, plusieurs personnes qu’il ne connaissait pas seraient venues à sa rencontre. Après l’avoir salué, elles lui auraient posé des questions concernant le secteur de l’eau. NKURINGOMA Jean serait resté silencieux, indiquant qu’il ne connaissait pas ces personnes.

C’est à ce moment que NSHIMIRIMANA Félix, présenté par nos sources comme responsable des Imbonerakure dans la zone de Ntega et comme une personne proche de l’administrateur communal, serait arrivé sur les lieux.

Selon les témoignages rapportés, Félix aurait frappé NKURINGOMA Jean au niveau du cou avec un bâton, le faisant tomber au sol.

La même source affirme également qu’il aurait ensuite tenté de sortir un couteau pour le poignarder. Des personnes présentes seraient alors intervenues pour l’en empêcher. Elles lui auraient notamment demandé pourquoi il voulait tuer cet homme devant elles.

L’arrivée de l’administrateur communal

Les personnes présentes auraient ensuite appelé l’administrateur communal.

Peu après, le véhicule de l’administrateur MBANZABUGABO Pierre Claver serait arrivé sur les lieux. NKURINGOMA Jean, alors grièvement blessé, aurait été transporté dans le véhicule de l’administrateur.

Des membres de sa famille auraient voulu l’accompagner, mais l’administrateur aurait refusé.

Il leur aurait indiqué qu’il allait conduire le blessé à l’hôpital de Karusi, en expliquant que la distance était importante et que la famille ne pouvait pas les accompagner.

Cependant, selon les informations recueillies, NKURINGOMA Jean n’aurait finalement pas été conduit à Karusi. Le récit recueilli affirme qu’il aurait plutôt été transporté vers un établissement hospitalier de la ville de Kirundo.

Le lieu exact de sa prise en charge médicale ainsi que les circonstances de son transfert restent à établir.

Deux jours plus tard, la famille apprend sa mort

Le 10 mars 2024, soit deux jours après l’agression présumée, la famille a été informée du décès de NKURINGOMA Jean.

Ses proches auraient été particulièrement surpris, car aucun membre de la famille ne l’aurait vu après son transport vers l’hôpital.

Le 12 mars 2024, les funérailles auraient été organisées sur la colline de Rushubije.

NKURINGOMA Jean, âgé de 54 ans, a ainsi été enterré alors que, selon ses proches, plusieurs questions demeuraient sans réponse concernant les circonstances exactes de sa mort.

Les habitants demandent une enquête et justice

La mort de NKURINGOMA Jean continue de provoquer de nombreuses interrogations parmi les habitants de Ntega.

Selon les témoignages recueillis, certains habitants auraient également été intimidés ou menacés afin qu’ils ne rendent pas l’affaire publique. Ces allégations doivent elles aussi faire l’objet de vérifications.

La population demande au ministère de la Justice de faire toute la lumière sur cette affaire et de déterminer les responsabilités éventuelles, afin que toute personne dont la responsabilité serait établie puisse répondre de ses actes devant la justice.

Les noms de MBANZABUGABO Pierre Claver, administrateur communal, et de NSHIMIRIMANA Félix, présenté par nos sources comme l’auteur présumé de l’agression, sont cités dans les témoignages recueillis et doivent, selon les habitants, faire l’objet d’investigations.

Il appartient à une enquête indépendante de déterminer leur éventuelle responsabilité et d’établir les circonstances exactes du décès de NKURINGOMA Jean.

Notre appel : mettre fin à l’impunité

Dans notre organisation, nous appelons depuis longtemps à la fin de l’impunité face aux accusations de violences et de meurtres impliquant des membres ou responsables des Imbonerakure.

Cet appel ne signifie pas que la culpabilité d’une personne doit être présumée. Toute personne mise en cause doit pouvoir faire l’objet d’une enquête impartiale et bénéficier des garanties prévues par la justice.

Mais lorsqu’un décès violent est signalé et que des personnes sont publiquement mises en cause, le silence et l’absence d’enquête ne peuvent pas remplacer la justice.

Nous appelons donc les autorités compétentes à ouvrir une enquête indépendante, à entendre toutes les personnes susceptibles de détenir des informations et à établir les responsabilités sur la base de preuves.

Nous demandons notamment que soient éclaircis :

  • les circonstances exactes de l’agression du 8 mars 2024 ;

  • l’identité de toutes les personnes présentes au moment des faits ;

  • le rôle éventuel de NSHIMIRIMANA Félix ;

  • le rôle et les décisions de l’administrateur communal MBANZABUGABO Pierre Claver ;

  • le lieu exact où NKURINGOMA Jean a été transporté ;

  • l’établissement dans lequel il aurait reçu des soins ;

  • les causes médicales précises de son décès ;

  • les conditions dans lesquelles son corps a été remis à la famille ;

  • et l’éventuel lien entre son décès et les tensions liées à la gestion du secteur de l’eau.

La famille de NKURINGOMA Jean a droit à la vérité. Les habitants de Ntega ont droit à la justice. Et toute personne reconnue responsable doit répondre de ses actes devant la loi.

Notre organisation réaffirme ainsi son appel à éradiquer l’impunité et à garantir que les auteurs de violations graves des droits humains, quels qu’ils soient, répondent de leurs actes devant une justice indépendante et impartiale.

PARTAGEZ CETTE INFORMATION AVEC D’AUTRES