En marge de la 63ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, une importante délégation de la société civile burundaise a rencontré, jeudi 17 septembre 2026, le Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées ou involontaires.
La rencontre, tenue au Palais des Nations à Genève, a réuni plusieurs organisations burundaises, notamment le FOCODE, la Ligue Iteka, l’ACAT, l’Association Abacu Barihe, Tournons la Page, King Umurundi Freedom et SOS-Torture, ainsi que des représentants de partenaires internationaux, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH).
Au centre des échanges figuraient la persistance des cas de disparitions forcées au Burundi, la nécessité de renforcer leur suivi et leur documentation, ainsi que l’importance des mécanismes d’alerte précoce et de protection des personnes exposées aux violations des droits humains.
Les participants ont notamment fait part de leurs préoccupations concernant le manque de réponses adéquates des autorités burundaises face à plusieurs cas rapportés de disparition, ainsi que le silence ou l’absence de réponses de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH) concernant certains cas signalés. Les échanges ont également porté sur la collaboration avec les mécanismes des Nations unies et sur la nécessité de poursuivre le suivi indépendant des situations rapportées.
Le Groupe de travail a souligné l’importance du travail réalisé par les organisations de la société civile dans le suivi et la documentation des cas. Ses membres ont également indiqué suivre attentivement l’évolution de la situation des droits humains au Burundi, en particulier celle relative aux disparitions forcées.
Dans ce cadre, différentes initiatives de documentation et d’alerte ont été présentées, notamment le programme UMUSEKE, mis en œuvre par la Ligue Iteka et King Umurundi Freedom, qui vise à renforcer les mécanismes d’alerte et de documentation des violations des droits humains et à contribuer à une meilleure information sur les situations rapportées.
A l’approche de l’élection présidentielle de 2027, les organisations de la société civile ont également insisté sur l’importance d’une vigilance accrue et d’un suivi renforcé de la situation des droits humains. Les risques de violations visant des opposants politiques, des acteurs de la société civile et d’autres personnes exprimant des positions critiques à l’égard du pouvoir ont notamment été évoqués.
Les discussions ont également abordé les évolutions du contexte régional, notamment les répercussions possibles de la situation dans l’est de la République démocratique du Congo sur le Burundi et la région.
Les représentants de la société civile burundaise ont réaffirmé leur volonté de poursuivre la documentation rigoureuse des faits, le suivi des cas signalés et l’alerte précoce, afin de contribuer à la prévention des violations et à une meilleure protection des personnes exposées aux risques.
Le Groupe de travail a par ailleurs annoncé qu’il poursuivrait les échanges avec les défenseurs burundais, notamment à l’occasion d’une prochaine session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.
A travers ces échanges, une préoccupation demeure centrale : obtenir des réponses sur le sort des personnes disparues et renforcer les mécanismes permettant de prévenir de nouvelles violations.