Dénonciation d’une détention contestée et demande d’intervention des autorités judiciaires
Des citoyens dénoncent la détention de Mme KABAHIZI Jeanine, résidant sur la colline Karambo, commune Busoni, province de Butanyerera. Ils dénoncent ce qu’ils considèrent comme une mesure de détention injustifiée dans le cadre d’un différend l’opposant à la microfinance UCODE – Union pour la Coopération et le Développement.
Selon les informations recueillies, Mme KABAHIZI Jeanine avait contracté auprès d’UCODE un prêt d’un montant de 25 millions de francs burundais, destiné au financement de ses activités agricoles. Pour garantir ce crédit, elle aurait constitué une hypothèque sur trois de ses propriétés foncières situées à Busoni, dont les documents seraient toujours conservés par UCODE.
Auparavant, Mme KABAHIZI Jeanine avait également une dette auprès de COOPEC, garantie par l’hypothèque d’une maison. Par la suite, souhaitant développer ses activités agricoles dans l’ancienne province de Cankuzo, elle aurait, avec l’accord de sa famille, décidé de vendre cette maison afin de mobiliser des ressources supplémentaires.
La maison vendue constituait la garantie de son engagement auprès de COOPEC et était distincte des trois propriétés données en garantie à UCODE. La vente lui aurait rapporté environ 17 millions de francs burundais, dont près de 3 millions de francs auraient été utilisés pour solder le montant restant dû à COOPEC.
Après avoir appris cette opération, UCODE aurait fait arrêter Mme KABAHIZI Jeanine le 10 août 2026, lui reprochant notamment d’avoir vendu un bien et réglé sa dette auprès de COOPEC sans procéder au remboursement du prêt contracté auprès d’UCODE.
Mme KABAHIZI aurait expliqué à UCODE qu’elle entendait continuer à rembourser son crédit conformément aux modalités convenues et que les garanties constituées au profit de l’institution demeuraient intactes. Elle aurait notamment fait valoir que la maison vendue n’était pas l’un des biens hypothéqués au profit d’UCODE et que les documents relatifs aux trois terrains concernés étaient toujours détenus par cette dernière.
Position d’UCODE
À la suite des informations faisant état de cette détention, l’organisation King Umurundi Freedom a pris contact avec les responsables d’UCODE afin de recueillir leur version des faits.
Les responsables d’UCODE ont confirmé connaître Mme KABAHIZI Jeanine et ont reconnu être à l’origine de la démarche ayant conduit à son arrestation. Ils ont également confirmé qu’elle avait contracté un prêt auprès de leur institution et que celle-ci détenait les documents relatifs aux propriétés constituées en garantie.
Interrogés sur les raisons de la détention alors que les garanties constituées au profit d’UCODE n’auraient pas été vendues, les responsables de l’institution ont indiqué ne pas comprendre pourquoi Mme KABAHIZI avait vendu sa maison et remboursé en priorité COOPEC sans régler UCODE.
Ils ont par ailleurs souligné que le dossier avait désormais été porté devant les juridictions compétentes et qu’ils ne comprenaient pas les démarches entreprises en faveur de la détenue.
Position de King Umurundi Freedom
De son côté, l’équipe juridique de King Umurundi Freedom estime que la situation de Mme KABAHIZI Jeanine mérite un examen attentif de la part des autorités judiciaires et administratives compétentes.
Notre organisation s’interroge notamment sur le fondement juridique de la détention, dans la mesure où, selon les informations recueillies, les trois propriétés données en garantie à UCODE n’auraient pas été vendues ni transférées et que les documents y afférents seraient toujours détenus par cette institution.
Il convient également de distinguer clairement la maison vendue pour régler la dette contractée auprès de COOPEC des biens immobiliers hypothéqués auprès d’UCODE. La seule existence d’une dette ne saurait, à elle seule, permettre de tirer des conclusions sur une éventuelle infraction pénale : les faits reprochés à Mme KABAHIZI doivent être établis et leur qualification juridique doit être appréciée par les autorités judiciaires compétentes, dans le respect des garanties fondamentales de la procédure, car un citoyen qui a un crédit auprès d’une institution financière conserve, sous réserve des obligations et restrictions prévues par la loi et le contrat, le droit de disposer de ses biens qui ne sont pas affectés en garantie de cette dette, comme Mme KABAHIZI l’aurait fait dans le cas présent.
Appel aux autorités compétentes
Au regard de ces éléments, King Umurundi Freedom demande aux autorités judiciaires compétentes de procéder à un examen impartial, indépendant et approfondi de la situation de Mme KABAHIZI Jeanine. Nous appelons donc les autorités compétentes à accorder une attention particulière à ce dossier et, si aucune base légale ne justifie le maintien de Mme KABAHIZI Jeanine en détention, à prendre les mesures nécessaires afin qu’elle puisse recouvrer sa liberté.