La colline Rubizi, en Zone Muyira, Commune Mukaza, province de Bujumbura, est plongée dans le deuil et la colère. Thierry NIYIBIZI, 35 ans, mari et père de famille, a succombé aux violents coups qui lui ont été infligés par des Imbonerakure. Une mort atroce qui pose une question simple et brutale : où est passée la justice ?
Thierry laisse derrière lui quatre enfants et une épouse enceinte. Il n’était ni armé, ni recherché, ni en fuite. Il a été réveillé chez lui, brutalisé, lynché, puis abandonné agonisant.
🔶 Une expédition punitive nocturne
Les faits se sont produits le lundi 18 août 2025. Ce jour-là, une dispute familiale éclate au domicile de la victime. L’altercation, impliquant notamment un membre de sa famille, se calme rapidement. Le conflit est clos. Thierry se retire et se couche.
Peu après, un groupe d’Imbonerakure fait irruption à son domicile. Le groupe est dirigé par Joël NDINDAKAHA, alias MBURU, chef local des Imbonerakure, accompagné de NDAYISHIMIYE Anicet, chef des médiateurs collinaires (abahuza), ainsi que de Séverin, adjoint du chef de colline.
Sans mandat, sans enquête, sans aucune base légale, ils sortent Thierry de son sommeil et se livrent à un passage à tabac d’une violence extrême, l’accusant d’avoir « créé des troubles familiaux ». La victime est frappée sans défense, jusqu’à perdre connaissance.
🔶 Abandonné entre la vie et la mort
Constatant la gravité de son état, les agresseurs quittent les lieux, laissant Thierry entre la vie et la mort. Ce sont les habitants qui lui portent secours.
Il est d’abord transporté vers un centre de santé de PERA (communément appelé chez Claver), puis transféré vers un autre centre local de SOROREZO (Kw’ijiti – Sororezo). Face à l’extrême gravité de ses blessures, il est finalement évacué vers l’Hôpital Militaire de Bujumbura.
Malgré les soins reçus, les coups étaient trop graves. Le 26 août 2025, Thierry NIYIBIZI décède à l’hôpital, des suites directes des violences subies.
🔶 Colère populaire et refus d’inhumation
Depuis l’annonce de sa mort, la population est en ébullition. Les habitants refusent catégoriquement toute inhumation tant que les auteurs de ce crime n’ont pas été arrêtés et traduits en justice.
Ils exigent :
● l’arrestation immédiate de tous les Imbonerakure impliqués,
● des poursuites judiciaires contre l’ensemble des auteurs et complices,
● la suspension des autorités locales présentes ou impliquées,
● et une réparation juste et digne pour la famille de la victime.
Pour les habitants de Rubizi, il ne s’agit pas d’un incident, mais d’un crime grave, révélateur d’une impunité devenue structurelle.
🔶 Position de notre organisation
Notre organisation condamne avec la plus grande fermeté l’assassinat de Thierry NIYIBIZI. Cet acte constitue une violation flagrante des droits humains, notamment du droit à la vie et du droit à la sécurité, garantis par la Constitution burundaise et par les conventions internationales ratifiées par le Burundi.
Nous exigeons :
● l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, impartiale et crédible,
● l’arrestation et la poursuite judiciaire de tous les auteurs, co-auteurs et complices, sans aucune protection politique ou administrative,
● la protection des témoins et des membres de la famille de la victime,
● et la fin de l’impunité dont bénéficient certains groupes opérant en dehors de tout cadre légal.
Notre organisation réaffirme sa pleine solidarité avec la famille de Thierry NIYIBIZI et avec la population de Rubizi, et rappelle avec force que la justice n’est pas une faveur, mais un droit.
Aucune paix durable n’est possible tant que de tels crimes restent impunis.