Les Imbonerakure ont lancé une grenade dans une maison, tuant un membre de la famille.
La province de Buhumuza (est du Burundi) est plongée dans l’émoi après une série d’attaques d’une violence exceptionnelle visant une même famille sur la colline de Bihogo, en zone Gasorwe, commune Muyinga. Deux attaques à la grenade, espacées de seulement trois jours, ont coûté la vie à une mère de famille et laissé un nourrisson grièvement mutilé, ravivant les inquiétudes liées à l’insécurité et à l’impunité.
🔶 Une première attaque qui installe la peur
Les faits remontent à la nuit du vendredi 23 janvier 2026. Vers 20 heures, NTADUGIRA Isaac rentre à son domicile familial lorsqu’un individu lance une grenade à l’entrée de la maison. Bien que le chef de famille ne soit pas directement touché, l’explosion abime la porte de la maison et sémant la peur dans le voisinage.
Dès le lendemain, une enquête est ouverte. Les investigations révèlent l’implication présumée d’Imbonerakure (membre de la ligue des jeunes du CNDD-FDD, parti au pouvoir au Burundi), notamment HAROGINTORE Sarutiel, connu comme intermédiaire local. Ce dernier aurait menacé la victime la veille, sous prétexte d’une « mission ». Il est arrêté avec un autre suspect, NDARUZANIYE. Tous deux reconnaissent avoir participé à la préparation de l’attaque, sans toutefois livrer l’identité de leurs complices.
🔶 Une seconde attaque fatale trois jours plus tard
Dans la nuit du lundi 26 janvier 2026, à peine trois jours après la première attaque, la violence frappe à nouveau. Aux environs de 23 heures, une grenade est lancée à travers la fenêtre de la chambre où dormait la famille. L’explosion blesse grièvement MACUMI Namariya, épouse de NTADUGIRA Isaac, ainsi que leur enfant âgé d’environ un an.
La mère est gravement atteinte à l’abdomen et aux bras. L’enfant subit de lourdes blessures aux jambes, entraînant l’amputation de sa jambe droite. Les victimes sont d’abord conduites à l’hôpital de Rusimbuko avant d’être transférées à l’hôpital provincial de Ngozi. Malgré les soins, MACUMI Namariya succombe à ses blessures le 30 janvier 2026 et est enterrée le même jour. L’enfant poursuit toujours son traitement médical.
Selon plusieurs sources locales, cette seconde attaque aurait été dirigée par un Imbonerakure nommé TOTO Aruno, actuellement en fuite. Il serait connu pour ses liens étroits avec les autorités et aurait récemment participé à des combats en République démocratique du Congo aux côtés des Forces de Défense Nationale du Burundi, FDNB.

🔶 Arrestations, soupçons et crainte de l’impunité
À la suite de la deuxième attaque, deux commerçants frères, BIGIRIMANA et NKORERIMANA, exerçant leurs activités à Bihogo, sont également arrêtés. Des soupçons pèsent sur un conflit ancien opposant leur famille à celle de NTADUGIRA Isaac. Après la mort récente de leur mère, ils accusaient cette famille de l’avoir empoisonnée et auraient proféré des menaces de vengeance. Il est présumé qu’ils aient financé et recruté des Imbonerakure pour exécuter ces attaques.
Malgré ces arrestations, la population locale exprime une profonde inquiétude. Des rumeurs persistantes évoquent une possible absence de poursuites judiciaires sérieuses, voire une libération des suspects. Sur la colline de Bihogo, la douleur et la colère grandissent, tandis que les habitants réclament justice pour une famille brisée et dénoncent une violence qui continue de marquer tragiquement la région.