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Les agents du recensement agricole dénoncent trois mois de salaires impayés

Des centaines de citoyens burundais engagés dans le recensement national de l’agriculture et de l’élevage tirent la sonnette d’alarme. Malgré leur implication dans une activité officiellement organisée par l’État, ils affirment n’avoir perçu aucune rémunération depuis le lancement des travaux, le 12 octobre 2025.

Cette opération de grande envergure est conduite par le Bureau Central de Recensement (BCR), dans le cadre du programme de l’Institut National des Statistiques du Burundi (INSBU), sous la supervision nationale de Nicolas Ndayishimiye. Elle couvre l’ensemble du territoire national et mobilise de nombreux agents contractuels.

Selon les témoignages recueillis, plusieurs agents ont été déployés dans des provinces éloignées de leurs lieux de résidence habituels. Sur le terrain, les conditions de travail sont décrites comme particulièrement difficiles : absence d’indemnités de déplacement, frais de transport entièrement à la charge des agents, pénurie de nourriture et accumulation de dettes.

Pourtant, ces travailleurs affirment que leurs contrats prévoyaient le versement d’une avance dès le début de la mission, afin de leur permettre de subvenir à leurs besoins. Ils précisent également que leurs contrats, d’une durée de six mois, mentionnaient un paiement mensuel prévu autour du 15 de chaque mois. Trois mois plus tard, aucun salaire n’a été versé.

« La faim et la soif sont devenues notre quotidien dans les collines où nous travaillons. Nous parcourons de nouvelles communes sans aucun appui logistique. Et lorsque l’un de nous ose demander quand nous serons payés, il est immédiatement accusé de vouloir semer la révolte », confie un agent sous couvert d’anonymat.

Face à cette situation, un sentiment de peur s’installe parmi les travailleurs, qui disent ne plus savoir à qui s’adresser pour faire valoir leurs droits. Beaucoup craignent des représailles s’ils s’expriment ouvertement.

Cette crise soulève de sérieuses interrogations sur la préparation financière et la gestion des projets publics. Comment une activité nationale d’une telle ampleur peut-elle être lancée sans garanties claires sur la rémunération des agents de terrain ? S’agit-il d’un manque de moyens, d’un retard administratif ou d’une défaillance plus profonde dans la chaîne de gestion ?

À ce jour, aucune communication officielle n’a été faite pour expliquer ces retards de paiement. Les agents du recensement appellent les autorités compétentes à entendre leur détresse et à procéder rapidement au paiement des salaires dus, afin de mettre fin à une situation qu’ils jugent injuste et humainement insoutenable.

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