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Buhumuza : quand l’extorsion se cache derrière de fausses missions de sécurité

À Cankuzo, dans la province de Buhumuza (est du Burundi), des membres des Imbonerakure sont accusés de graves abus contre la population civile. Pillages, enlèvements, séquestrations et menaces de mort sont dénoncés par des habitants qui affirment vivre dans une peur permanente, tandis que l’impunité semble persister.

Un réseau d’extorsion sous couvert de missions officielles

Selon plusieurs sources locales, un groupe d’Imbonerakure, affiliés à la ligue des jeunes du parti au pouvoir CNDD-FDD, opère depuis un certain temps dans la commune de Cankuzo en se livrant à des actes d’extorsion. Pour justifier leurs agissements, ces individus prétendent collaborer avec le service national de renseignement et l’organe de lutte contre la corruption, affirmant également lutter contre la contrebande.

Des suspects identifiés par la population

Le groupe mis en cause serait composé de cinq personnes résidant au chef-lieu provincial : Sylvère Niyonzima, Célestin Barahinduka, Louis Manirakiza, James Seyoya et Issa. D’après les habitants, Louis Manirakiza est considéré comme le principal responsable de ce réseau.

L’intimidation comme mode opératoire

Les méthodes utilisées reposeraient essentiellement sur l’intimidation. Les Imbonerakure cibleraient des personnes réputées disposer d’argent, les arrêterait arbitrairement, puis leur imposerait le paiement de sommes importantes sous la menace. Des témoignages évoquent un climat de terreur généralisée, où posséder de l’argent devient un danger en soi.

L’enlèvement du commerçant Muliyoni

Un cas particulièrement marquant s’est produit en décembre 2025. Un commerçant connu sous le nom de Muliyoni, vendeur de vêtements au marché central de Cankuzo, a été intercepté avec son épouse alors qu’ils circulaient à moto. Le couple a été emmené de force dans une maison appartenant à Louis Manirakiza, située au Quartier Commercial, Centre de Cankuzo, un lieu cité par la population comme servant régulièrement à des détentions illégales.Une rançon exigée sous menaceUne rançon de cinq millions de francs burundais (5 000 000 FBu) leur a été exigée pour leur libération. N’ayant pas cette somme sur lui, Muliyoni a indiqué que l’argent se trouvait à son domicile. Il a été escorté par l’un des Imbonerakure pour aller le chercher, tandis que son épouse restait enfermée comme otage. Les ravisseurs auraient clairement menacé de s’en prendre à elle s’il tentait de fuir.

Libération sous contrainte et menaces de mort

Après remise de l’argent, le couple a été libéré, mais la moto de la victime a été confisquée. Avant leur relâchement, ils auraient reçu des menaces de mort au cas où l’affaire serait rendue publique.

Des arrestations partielles qui indignent

Lorsque les faits ont finalement été révélés, la moto a été restituée. Trois Imbonerakure — Louis Manirakiza, James Seyoya et Issa — ont alors été arrêtés et placés en détention au commissariat de Cankuzo. Les deux autres membres du groupe n’ont pas été interpellés, une situation qui suscite une vive indignation parmi les habitants, d’autant plus que Louis Manirakiza est présenté comme le chef du réseau.

Pressions politiques et exigence de justice

La population dénonce une impunité persistante et affirme vivre dans une insécurité constante. « Même posséder un million de francs burundais suffit pour devenir une cible », confie un résident de Cankuzo. Des informations locales font état de pressions exercées par certains responsables du CNDD-FDD (parti au pouvoir au Burundi) dans la région pour obtenir la libération des Imbonerakure arrêtés. Une démarche rejetée par la population, qui exige que les suspects soient maintenus en détention, que les autres membres du groupe soient arrêtés, et que tous soient traduits devant la justice.

Un appel à des sanctions exemplaires

Les habitants rappellent qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé et appellent à des sanctions exemplaires afin de mettre fin aux abus répétés commis contre les citoyens.

Organisation King Umurundi Freeedom