À Son Excellence Monsieur Évariste NDAYISHIMIYE
Président de la République du Burundi
Gitega
Objet : Appel urgent à l’ouverture d’un procès en flagrance dans l’affaire Donatien NDUWIMANA – Dénonciation de l’abus de pouvoir et de l’impunité persistante
Votre Excellence, Monsieur le Président,
C’est avec une profonde préoccupation que nous, King Umurundi Freedom (KUF-ASBL) — organisation engagée dans la défense des droits humains, de la justice et de la bonne gouvernance — portons à votre très haute attention une affaire grave et emblématique d’abus de pouvoir ayant entraîné la mort d’un citoyen, et dont l’enlisement judiciaire suscite une vive inquiétude au sein de la population.
Le 14 juillet 2025, à Nyagasebeyi, zone Musenyi, commune Tangara, province de Butanyerera, Monsieur Donatien NDUWIMANA, propriétaire d’un restaurant, a été brutalement agressé par Monsieur Jean Pierre BUTOYI, Président du Tribunal de Résidence de Tangara, assisté de deux policiers, Monsieur Emmanuel BIZIMANA et Monsieur Jean Baptiste NIJIMBERE.
La justification avancée pour cet acte indéfendable était d’une futilité révoltante : une assiette prétendument mal lavée.
Ce différend mineur a été instrumentalisé pour accuser faussement Monsieur NDUWIMANA « d’outrage à magistrat », prétexte utilisé pour justifier une agression violente perpétrée dans son propre établissement.
La brutalité de l’attaque a provoqué une dégradation rapide de son état de santé. Il a développé une distension abdominale sévère, une rétention aiguë d’urine et une occlusion intestinale — symptômes révélant une urgence médicale critique nécessitant un transfert immédiat vers plusieurs structures de santé.
Il a été successivement admis au Centre de santé de Musenyi, puis à l’Hôpital communautaire, avant d’être transféré à l’Hôpital de Ngozi, où il est décédé le 18 juillet 2025.
Le même jour, les trois agents publics impliqués ont été placés en détention au commissariat provincial de Ngozi. Toutefois, plus de dix jours après les faits, aucune audience n’a été tenue, malgré la gravité du dossier et le caractère manifeste des faits justifiant le recours à la procédure de flagrance, conformément au Code de procédure pénale.
Le 21 juillet, alors que des citoyens s’étaient rassemblés pacifiquement devant le Tribunal de Résidence de Ngozi dans l’espoir d’une audience rapide, ils ont été informés du report de la session pour cause de réunion administrative. Le lendemain, ils ont été violemment dispersés par la police, sans explication.
Depuis lors, aucune avancée judiciaire n’a été communiquée, et le corps de la victime demeure à l’Hôpital de Ngozi, sans inhumation, dans l’attente d’une justice qui tarde à se manifester.
Ce silence institutionnel prolongé dans une affaire aussi évidente ne peut être interprété que comme le signe d’une impunité enracinée, en contradiction avec les principes de l’État de droit que vous avez, à maintes reprises, affirmé vouloir défendre. Il sape la confiance du public dans l’appareil judiciaire et menace la stabilité sociale.
Votre Excellence, Monsieur le Président,
Cette tragédie ne peut rester impunie.
La justice doit être rendue promptement, en toute transparence et en toute indépendance.
En conséquence, nous sollicitons respectueusement votre intervention afin de garantir :
— L’ouverture immédiate d’un procès en flagrance, conformément au caractère évident et juridiquement qualifiant des faits ;
— Le dépaysement rapide du dossier vers une juridiction indépendante, afin d’éviter toute interférence locale ;
— La protection des témoins et de la population locale, qui continuent de faire preuve de courage civique malgré un climat d’intimidation.
Nous vous prions de considérer cette lettre non comme une simple dénonciation, mais comme un appel à préserver l’intégrité du système judiciaire burundais, pilier essentiel de toute démocratie.
Veuillez agréer, Votre Excellence, Monsieur le Président, l’expression de notre très haute considération.
Pour King Umurundi Freedom (KUF-ASBL)
Vianney NIZIGIYIMANA
Président
Copies à :
— Madame Domine BANYANKIMBONA, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux
— Monsieur Martin NITERETSE, Ministre de l’Intérieur, du Développement Communautaire et de la Sécurité Publique
— Monsieur Léonard MANIRAKIZA, Procureur Général de la République
— Monseigneur Martin Blaise NYABOHO, Président de la CNIDH-Burundi
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