Dans le cadre de notre enquête en cours sur les scandales qui menacent de faire sombrer l’OTRACO, nous revenons aujourd’hui sur la manière dont le Directeur Technique, Jacques Niyibizi, détourne les recettes des opérations de transport — au point que la majorité des revenus de l’entreprise ne profiterait plus à l’OTRACO, mais plutôt à son réseau personnel.
Une agence stratégique confiée à un membre de la famille
L’OTRACO exploite une agence responsable de la ligne Bujumbura–Kigoma (Tanzanie), située au marché Sioni à Bujumbura. Étrangement, cette agence n’est pas gérée par l’entreprise elle-même, mais par une personne privée : Claudine Niyomuhhoza, présentée comme une parente de Jacques Niyibizi.
Le contrat entre l’OTRACO et cette agence serait renouvelé tous les six mois, sans aucune transparence. Aucun employé de l’OTRACO ne contrôle les recettes de l’agence, ouvrant ainsi la voie à un détournement massif des fonds.
Un réseau d’agences sous contrôle privé
Le même schéma se répète dans plusieurs autres villes : Rumonge, Karonda, Nyanza, Mabanda, Musenyi, Mugina… Dans chacune de ces antennes, Jacques Niyibizi a placé des personnes qui lui sont proches, souvent sans statut officiel. La plupart des recettes collectées dans ces agences n’arrivent jamais dans la comptabilité de l’OTRACO.
Des pertes estimées à 50 millions FBu par mois
Les bus de la ligne Bujumbura–Kigoma, qui ont une capacité de 100 passagers, sont souvent déclarés comme n’en transportant que 60 ou 70. La différence est empochée illégalement. De plus, les frais collectés pour les bagages ne sont jamais déclarés. Selon nos sources, cela représente un manque à gagner d’environ 50 millions de francs burundais par mois pour l’OTRACO.
Les employés exigent que cette agence soit retirée du contrôle du cercle proche de Jacques Niyibizi et confiée soit à un agent officiel de l’OTRACO, soit à un opérateur privé sous contrat clair et supervisé.
Un nouveau projet douteux vers l’Ouganda
Parallèlement, Jacques Niyibizi préparerait l’ouverture d’une nouvelle ligne OTRACO entre Bujumbura et Kampala (Ouganda). Une fois de plus, il chercherait à confier sa gestion à un groupe privé qui lui est proche, au détriment des finances de l’entreprise.
Les employés tirent la sonnette d’alarme et appellent les autorités compétentes à intervenir urgemment pour mettre fin à ces détournements qui risquent de pousser l’OTRACO vers un effondrement total.