Les habitants du quartier Bwiza, situé dans la zone Bwiza, commune Mukaza, province de Bujumbura, lancent une alerte grave face à des pratiques qu’ils dénoncent comme abusives, oppressantes et contraires aux principes de bonne gouvernance.
La cheffe du quartier Bwiza, AKIMANA Claudine, a annoncé l’organisation d’une cérémonie dite de « remerciement » prévue pour le 05 décembre 2025, affirmant vouloir exprimer sa gratitude envers la population pour l’avoir portée à la tête du quartier. Toutefois, cette initiative présentée comme conviviale se transforme, selon les habitants, en une opération de collecte forcée d’argent, imposée à une population déjà éprouvée par la précarité économique.
🔶 Une contribution imposée sous pression administrative
D’après plusieurs témoignages concordants, les habitants sont contraints de payer des sommes d’argent destinées à financer cette cérémonie (rubanza), sans qu’aucun cadre légal, aucun consentement collectif ni aucune transparence sur l’utilisation des fonds ne soient garantis.
La collecte est effectuée par les chefs de dix maisons (nyumbakumi), qui agiraient sur instruction directe de l’administration du quartier. Les petits commerçants — notamment les tenanciers de bars, de boutiques et de petits commerces — sont particulièrement ciblés, car considérés comme des sources de revenus faciles.
Des habitants affirment subir des pressions répétées, voire des menaces indirectes, laissant entendre que le refus de payer pourrait entraîner des représailles administratives, telles que des tracasseries, des sanctions arbitraires ou une mise à l’écart dans la vie du quartier.
🔶 Une population déjà vulnérable et à bout
Cette situation est d’autant plus révoltante que les habitants de Bwiza, à l’instar des Burundais en général, font face à une situation socio-économique alarmante, marquée par la cherté extrême de la vie, la flambée des prix des denrées alimentaires de base, le chômage massif et une pauvreté de plus en plus étouffante.
« Nous avons du mal à nourrir nos enfants, mais on nous exige de l’argent pour une fête. Ce n’est pas un remerciement, c’est une humiliation », confie un habitant sous couvert d’anonymat.
Pour de nombreux résidents, cette collecte imposée constitue une atteinte directe à leur dignité, une forme d’extorsion déguisée, et un abus manifeste de pouvoir de la part d’une autorité administrative censée protéger et servir la population.
🔶 Appel urgent aux autorités et à la société civile
Face à cette situation, les habitants demandent l’arrêt immédiat et inconditionnel de cette collecte d’argent, et appellent les autorités communales, provinciales et nationales à intervenir sans délai afin de faire cesser ces pratiques.
Ils exhortent également les organisations de la société civile, les défenseurs des droits humains et les médias indépendants à se saisir de ce dossier, afin d’empêcher la normalisation de telles dérives administratives.
Les habitants rappellent qu’un chef de quartier n’a aucune légitimité pour imposer des contributions financières à des citoyens pour des cérémonies personnelles ou symboliques, surtout dans un contexte de pauvreté généralisée.
« Un responsable administratif est au service de la population. Il ne doit ni la rançonner, ni l’exploiter sous prétexte d’autorité », insistent-ils.
Au sein de notre organisation, nous condamnons fermement cette pratique abusive et inacceptable. Nous demandons l’arrêt immédiat de toute forme de collecte forcée d’argent auprès des citoyens. De telles habitudes portent gravement atteinte à la dignité de la population, aggravent la précarité sociale et constituent un abus manifeste d’autorité qui ne saurait être toléré.